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Prison, limiter l'impact sur les proches

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Accueillir les familles qui attendent leur rendez-vous au parloir
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La prison est située un peu à l'écart, à la limite entre Moulins et Yzeure. Les familles viennent parfois de loin pour une visite et l'heure du parloir est impérative. Il vaut donc mieux arriver un peu en avance, d'où l'intérêt d'un lieu d'accueil, qui est d'abord lieu d'attente.

Le local d’accueil consiste en une salle avec de larges baies vitrées sur trois côtés, des sièges fixées sur des rehaussements en béton, des casiers pour poser les affaires ne devant pas entrer en prison. Dernièrement, un projet du CNCS avec l'administration pénitentiaire a permis de changer considérablement l’ambiance du local, grâce à des fresques faisant allusion à des contes.   C'est important, surtout pour les personnes qui découvrent le lieu, c'est aussi une forme d'encouragement pour revenir visiter la personne détenue. Ces visites et leur fréquence sont un facteur souvent décisif pour  l'insertion ou la réinsertion de la personne qui sortira un jour de détention.

La première rencontre au parloir est toujours un moment fort d'émotion, matérialisation du lien que l'on a désormais à vivre avec la prison... Et puis les personnes qui rendent visite régulièrement s'habituent au fil du temps. Les jeunes conjointes de personnes détenues peuvent se lier entre elles. Il y a aussi les enfants qui facilitent les relations. Certaines restent même après le parloir :  ce lieu est parfois le seul  où elles peuvent rencontrer d'autres personnes sans avoir besoin de dissimuler leur situation, sans crainte de regard excluant. 
 

Quel est notre rôle, à nous « équipe prison » du Secours Catholique ? 
Pour un premier parloir en particulier, il s'agit  de rassurer la personne, en ayant une posture d'écoute, de bienveillance, souriante, en servant un café, un petit gâteau, sur une table avenante. Nous nous efforçons de faire comprendre par notre attitude que le proche qui arrive pour une visite n'a pas lieu d'être exclu de la société au motif qu'il est en lien avec une personne détenue. Certains, certaines apportent, pour participer, un paquet de café, des gâteaux. Ainsi, elles sont aussi actrices de ce moment d'accueil.  


Nous nous attachons à créer une ambiance calme, favorable à la rencontre, sans poser de questions. On partage, au gré des conversations, l'expérience du quotidien, en évitant toute posture de surplomb, de jugement. On parle peu du travail lorsqu'il est trop précaire. Mais sinon, c'est un sujet d'accroche, pour échanger une expérience de vie, se sentir autre qu'une personne happée par la détention de son conjoint ou de son fils.


Lors des pointes de fréquentation, le mercredi après-midi ou le samedi, il faut  aller vers les personnes  restées près de la porte d'entrée pour un mot d'accueil, et aussi parfois faire sentir notre présence : la promiscuité, le bruit peuvent créer un climat électrique... 
Au parloir cela se peut mal se passer,  l'incompréhension peut être grande, les tensions aussi. Les personnes une fois dehors peuvent avoir envie de nous en parler. Nous écoutons. En parlant, la personne se soulage de ces tensions. Certains parents s'interrogent sur leur responsabilité, sur ce qu'ils n'ont pas fait, ou qu'ils ont fait... Nous écoutons, en essayant d'apaiser le sentiment de culpabilité qui pèse sur leur vie, de les tourner vers le présent. 


Si jamais une personne ou une famille arrive en retard au rendez-vous du parloir et n'est pas acceptée pour la visite, la situation est difficile à vivre pour elle, surtout lorsque son déplacement a été long. Elle sait que la personne « dedans » va aussi être déçue et éventuellement lui faire des reproches. Dans ce moment d'intense émotion, elle a parfois besoin de soutien. Nous écoutons, proposons une pause pour retrouver un peu de calme et de courage avant de repartir. 
 

Nous ne donnons pas de conseil, ou très rarement, nous n'instruisons pas de dossier de demande d'aide. Le petit lien créé est ténu... Une simple rencontre, une simple conversation entre humains, cela peut  changer l'horizon, n'est-ce-pas ?

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