Délégationde l’Allier

Boutique de vêtements : le tri, une étape indispensable des vestiaires

Mercredi 17 octobre, à la boutique du Secours Catholique de Vichy. Ici, telles des fourmis, une dizaine de bénévoles s’activent dans les rayons et dans l’arrière-boutique. Rencontre avec ces bénévoles.

Yanni et Marie, à la boutique du Secours Catholique de Vichy.

publié en avril 2019

Marie-Claire nous explique : « Ici sont stockés les sacs de vêtements qui arrivent par la trappe de la porte au garage. Là il y a les ballots d’habits pour les gens du voyage. Ils préviennent de leur venue à l’avance et viennent acheter ces ballots à 2 euros, on y met des vêtements en bon état, parfois il y a une petite tache nettoyable mais pas plus. Ça se passe toujours bien quand ils viennent on n’a pas de problèmes ils sont satisfaits. »

Est-ce que tout arrive propre et en bon état ?

« Non, souvent on reçoit des couvertures couvertes de saletés, c’est pas possible de les nettoyer on est obligés de les jeter. Parfois, [ce qui est déposé] c’est invendable. [Par exemple] là, ce pantalon, il est trop abîmé, il va se déchirer, par contre on va le mettre de côté pour “Pain contre la faim” qui recycle les tissus abîmés pour faire de l’isolant. »

Ici un binôme de bénévoles, Yanni et Marie, sort les vêtements, les met sur les cintres, étiquette et range le tout sur différents portants.

Quelle belle veste ! On dirait que c’est tout neuf !

« Y a de très belles choses, de bonnes marques et en bon état souvent. »

C’est vous qui décidez des prix ?

« Les prix sont déjà définis et indiqués sur une feuille accrochée à la porte. »

Yanni apporte une robe sur cintre. Marie lui répond « ça c’est pour l’été, on le met de côté sur le portant là-bas », et Yanni va le mettre dans la pièce d’à côté.

« Il y a des choses qu’on stocke, comme les habits d’été et les habits de fête. On les sortira au moment voulu. »

Qu’est-ce que vous notez sur les étiquettes, Marie ?

« Je note les tailles des vêtements pour que ce soit bien visible. Parfois il faut mesurer les habits car il n’y a plus d’étiquettes. On a une fiche avec les mesures, et la correspondance de tailles. Et aussi j’apporte une pastille de couleur, cette semaine c’est bleu. Ça nous permet de savoir à quel moment le vêtement a été mis en rayon. Au bout de six semaines on reviendra au bleu et alors on enlèvera tous les habits avec une gommette bleue en rayon. Ça nous permet de renouveler tout le temps le choix pour les clients. »

Et toi Yanni, tu es bénévole depuis longtemps ?

Yanni n’ose pas trop me répondre, elle me dit : « Je suis en France depuis un an, je viens de Saint-Pétersbourg et de Kiev, j’ai la double nationalité, russe et ukrainienne. Je viens au cours d’apprentissage du français au Secours Catholique, la langue française est très difficile mais petit à petit j’apprends. Au tri, on travaille, on parle, on marche, ça me fait du bien. »

Puis, vient la partie magasin.

C’est bien il y a du choix pour les hommes, ça donne envie !

« Au début les vêtements pour hommes devaient être derrière, mais Bernadette, la responsable de l’équipe, a insisté pour que ce soit la première pièce dans laquelle les clients entrent, car sinon ils n’oseraient pas traverser le rayon de vêtements pour les femmes. »

Sur le mur du fond, il y a le linge de maison avec les rideaux étendus sur des tringles. Simone est en train de plier les draps et de les mettre en rayon. Elle est principalement au rayon « linge de maison », parfois avec quelqu’un pour l’aider. « Quand le linge arrive elle le déplie et vérifie s’il y a des tâches, des trous, etc., si c’est ok elle le mesure puis le replie pour l’étiqueter et le mettre en rayon. »

Et s’il y a des taches vous le lavez ?

« On ne peut pas laver le linge de maison, on lave parfois des vêtements avec la machine à laver ici, mais c’est trop petit pour les draps… alors ça va au “Pain contre la faim”.

Le mercredi après-midi je suis à la caisse, on est toujours en binôme. On n’a pas le temps de parler avec les gens, il y en a une qui enlève les cintres et qui fait le compte et puis une autre qui encaisse les clients. Parfois je fais le vestiaire gratuit, on aide les gens, moralement déjà, j’aime mieux parce que là on est en direct avec les gens. »

C’est quoi le vestiaire gratuit ?

« Ce sont les personnes qui ont un bon pour des vêtements à choisir dans notre boutique. Alors quand elles viennent on les accueille et on les accompagne pour qu’elles puissent choisir ce qu’elles veulent. S’il n’y a pas leur taille ou rien qui les attire, on leur dit de revenir une prochaine fois, plus tôt pour qu’il y ait plus de choix.

J’aime bien le contact avec les gens [alors] que là, on l’a pas. Mais là, c’est tout bien rangé, j’essaye de faire [les choses] à fond, de faire le maximum pour que les gens quand ils viennent s’y retrouvent. Et puis parfois s‘il y a du monde en caisse, j’aide Monique. Si il y a besoin de vais chercher des couvertures derrière en cuisine, j’aime bien ce que je fais, je suis assez polyvalente. Avant j’étais au rayon jouets, j’y suis restée longtemps, et puis la dame qui s’occupait du linge de maison est tombée malade. Je la remplace depuis, et récemment elle est venue et elle est contente que ce soit moi car elle sait que je suis organisée. »

Une affichette attire le regard : « Atelier de retouches ».

Vous faites de la couture ??

« Oui, si un client achète un pantalon trop long ici, il peut demander à l’atelier de retouches de lui faire un ourlet. Une bénévole couturière propose à petits prix : ourlet, raccommodage, reprise de boutons, fermeture Éclair… Il est possible de lui apporter des vêtements de l’extérieur, mais le prix est un peu plus élevé. »

À midi chacun regagne ses pénates et part manger. Tout est bien rangé pour l’arrivée des clients dès 14 heures.

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